Histoire de larmes

"Travail réalisé en 1998 et comptant 29 pièces originales + 2 dessins et 27 portraits.

L’histoire du sèche-larmes est l’histoire d’une désillusion. Il y a toujours eu des gens, qu’ils soient religieux, politiques, philosophes ou psychanalystes, pour nous faire croire qu’on pouvait éradiquer le mal, trouver le bonheur, installer le paradis sur terre. C’est une manière de nier la moitié de la vie. La vie c’est autant de rire que de larmes, c’est autant de blanc que de noir, autant de bon que de mauvais. La vie, c’est une totalité. Vouloir en nier ou en éradiquer ce qui n’est pas à notre goût n’est rien d’autre qu’une amputation. C’est la bonne vieille histoire de la pièce de monnaie: si tu veux le côté pile, il faut prendre aussi le côté face. Voilà pourquoi le but du sèche-larmes, partis de bonnes et naïves intentions, était voué à l’échec. Mais il montre, en même temps, que l’homme est toujours capable de rêver, et que s’il y a un bonheur à trouver, il est dans la poursuite de ce qui est là-bas, au bout de l’horizon, ou au fond de nous, et que, peut-être, le pire serait de l’atteindre.

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                   Le sèche-larmes de Lyssenko 


Le Sèche-larmes conçu par Lyssenko en 1935 est à double action complémentaire :
1: Aspiration par suçoirs rotatifs actionnés à la main et reliés à un container dépressurisé.
2: Deux séchoirs orbitaux fixes composés chacun de 12 micro-lances alimentées par une pompe au fermozène. Haut: 1,74 m.
L’aventure de ce sèche-larmes soviétique fut particulièrement brève. Les nouvelles valeurs que le Parti s’efforçait  d’instaurer sous Staline tournaient le dos aux préoccupations « bourgeoises » des alacrymalistes progressistes occidentaux. (voir Les Martyrs du Petit Père, Sergueï Kamenev, Odile Jacob, 1985).

  
Le sèche-larmes à air pulsé




Le sèche-larmes à tampons 
  
  



Profession: chasseur de larmes 
 

 


Dans ses Mémoires, le père de la chasse aux larmes explique les raisons qui, en 1781, le poussèrent «à faire récolte de ce liquide en voie de rareté».
Connaissant les travaux de J-B. Brunet, il crut naïvement qu'allait venir un temps où de «telles machines seraient à ce point répandues qu'on finirait par entrer dans un monde sans larmes».
Il était donc urgent de conserver celles qui coulaient encore car, «assurément, en se raréfiant elles promettaient d'acquérir une valeur inestimable».
Le but de Firmin Tancrède était donc clair: «récolter» le plus de larmes possible et s'enrichir dans un avenir qu'il croyait proche.

 

 

Les outils du chasseur de larmes :

 


Collection de larmes célèbres conservée à l’Affabuloscope :

- De Marie ANTOINETTE. Larmes recueillies par F. Tancrède le 8 août 1793 à la Conciergerie.
- D'Hortense de BEAUHARNAIS. Monnayées 200 louis à Elie Dulac, associé de Tancrède; 11 février 1808.
- De Frédéric CHOPIN. 1839, chasseur inconnu.
- De Madame HANSKA. Apprenant la mort de Balzac, elle pleura trois heures.
- De Gérard de NERVAL. Vendait ses larmes «alimentaires» directement au collectionneur François BATILLON au prix forfaitaire de 16 francs le cl. 1850-1853.
- De Franz LIZST. Plusieurs grands chasseurs furent à l'affut de ses larmes, dont H. Weller de 1851 à 1886.
- De Charles de FOUCAULT. Larmes recueillies par le célèbre J. GAUCHERANT en 1901. Un accident survenu lors du retour en France provoqua l'évaporation des 6 cl de  liquide lacrymal. Il ne reste aujourd'hui qu'un lambeau de tissu qui, par bonheur, fut imprégné.
- De Virginia WOOLF. 1
930? Chasseur inconnu. Origine contestée.
- De Ella FITZGERALD. Conservée dans de mauvaises conditions il ne reste de ces larmes qu'un dépôt résiduel solide de sel de lacrymose.
- De Rita HAYWORTH. Connue pour être une «grande lacrymale» elle figure sur le Guiness des records avec 1,92 l en trois jours et six heures.

 

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