Travail comptant 388 pièces originales réalisées en 1999

Au commencement il n’y avait que des possibles qui flottaient dans le vide.
Pour que les possibles deviennent possible, il fallait un prétexte de départ.
Ce prétexte, c’est la matière.
Et la matière était féminine du fait qu’elle avait un ventre.
Ce ventre avait la forme d’un trou noir.
De ce trou noir est issu un oeuf, c’est l’oeuf du big bang d’où l’univers a surgi, et qui contient tous les possibles qui mijotaient en suspend dans l’arrière-cour
Aussi peut-on dire que l’univers est féminin.
Les particules élémentaires masculines qu’il contient ne sont là que pour créer du mouvement.
Le mouvement est masculin.
Le temps aussi.
Tandis que l’espace est féminin.
La lumière aussi.
C’est l’histoire de ces éléments et des événements qui ont suivi qui sont racontés dans cette scénographie.


VERSION 2

Le plus étonnant n’est pas l’existence de l’univers.
Ce n’est pas le fait qu’il y ait quelque chose plutôt que rien.
Ce n’est pas que la vie soit apparue il y 3,5 milliards d’années sur la terre.
Ce n’est pas non plus que le ciel soit plutôt bleu que rouge ou noir, ni qu’il y ait des années avec d’excellent millésimes dans bordelais.
Non, ce qui est étonnant c’est qu’il y ait le masculin et le féminin.
Homme/femme
Deux êtres différents, complémentaires en même temps que dépendant l’un de l’autre, qui n’ont de cesse de s’attirer mutuellement pour s’emboiter l’un dans l’autre, comme pour retrouver une unité perdue.
Cette unité perdue n’a rien à voir avec le mythe platonicien de l’androgyne: l’existence primitive d’êtres doubles, qui côté pile étaient dotés d’attributs mâles et côté face d’attributs femelles, et que Zeus, d’un coup d’épée rageur, partagea en deux dans le sens de la hauteur, faisant d’une moitié un homme et de l’autre moitié une femme. Non, la vérité est qu’à l’origine de toutes choses il n’y avait que le féminin. Le masculin n’étant qu’un avatar d’émergence tardive, issu de l’imagination et du ventre féminin. Aussi les évolutionnistes sont-ils de plus en plus nombreux à admettre que le premier homme était bel et bien une femme.

 

Haut de page