LE LYNCHAGE DE L’AFFABULOSCOPE

Deuxième épisode

 J’aurais souhaité vous envoyer une actualité empreinte de davantage de poésie mais on ne décide pas de l’actualité, c’est elle qui commande.
 Bien que le terme d’«actualité» ne soit pas adéquat. Je vais ici relater des faits qui pourraient apparaître comme des “péripéties clochemerlesques” à l’intérieur d’un espace clos (donc sans conséquences.). Il s’agit d’autre chose et c’est pourquoi nous allons commencer à arpenter les travées de cet espace, à grandes enjambées, pour en survoler les aspects ethnologiques et anthropologiques (et même sociologiques et politiques), en se cantonnant pour l’instant à la surface. (Une exploration souterraine au piolet et à la loupe demandera qu’on y revienne et qu’on s’y attarde - paléo-archéographie).
  Les matériaux rassemblés (pour moi il n’y a pas des matériaux vils ou des matériaux nobles, il n’y a que des matériaux qui parlent) participeront de la grande fresque qui se compose au jour le jour et dont le “signe de la vulve” reste le centre en même temps qu’objet de scandale.
 
  Ce que j’appelle le “lynchage de l’Affabuloscope” commence par la réception d’une lettre recommandée envoyée par Jean-Marc Pouech, Président de l’OT du Mas d’Azil dont voici l’essentiel:

 

   Cette décision semble avoir été prise arbitrairement, en dehors du respect des statuts de l’Association de l’Office de tourisme des vallées de l’Arize et de la Lèze. Ceux-ci stipulent, à l’article 8 démission/radiation:
“La radiation est annoncée par le Conseil d’Administration. Elle devient effective après que l’intéressé(e) ait pu présenter sa défense devant ce même Conseil et dans un délai de deux mois après notification de radiation par le Conseil d’administration.”
  Au regard de ces statuts il apparaît que cette close a été ignorée. 
1) la radiation n’a pas été annoncée par le Conseil d’Administration pour la raison simple que ce Conseil n’a pas été consulté, ni informé, mais mis devant le fait accompli une fois la radiation accomplie (dans une précipitation qui interroge).
2) la radiation, au lieu de me donner deux mois pour m’expliquer, est devenue effective le jour même où j’ai reçu la lettre recommandée ci-en-haut. Je n’ai donc pas pu me défendre puisqu’on me prive des deux mois qui m’auraient permis de le faire.
Ceci montre que la décision de radiation a été prise de manière autocratique par le Président, en violation des statuts de l’association, sans concertation avec son Conseil d’Administration.

  Face à cela, de deux choses l’une, où bien Jean-Marc Puech ne connaît pas les statuts de l’association dont il est le président. Où bien il les connaît et il les viole délibérément. Tandis qu’une majorité des membres du Conseil ne semble guère s’en préoccuper (j’y reviendrai dans une prochaine actualité).
  Il est assez drôle que ce Président se pose en moraliste soucieux des bonnes moeurs et que dans le même temps il bafoue les propres règles de l’Office de tourisme dont il devrait être le garant.

 Le Conseil d’Administration ne sera mis au courant de la décision prise que trois jours après la radiation effectuée de fait.
  En voici la preuve à travers ce courrier que Sabrina Canonigo, directrice de l’Office, envoi aux membres du CA, le 28 mars:

Ce courrier, en mettant le CA devant le fait accompli, suscite ici et là quelques réactions. Notamment celle-ci qui, pour le moins - dont copie m’a été envoyée - ne semble pas approuver la directrice, Sabrina Canonigo.

Sabrina,

J’ai été extrêmement surprise et choquée du caractère diffamatoire de votre courriel reçu le 28 mars dernier à l’encontre de Claudius de Cap Blanc et adressé à tous les membres du conseil d’administration de l’OT.
Votre courriel porte, me semble-t-il, gravement atteinte à la réputation et à l’ honneur d’un homme. On n’insulte pas quelqu’un de pervers sexuel à la légère.
Je suis également surprise et à nouveau choquée de l’intention de ce courriel qui annonce l’exclusion unilatérale et sans concertation (*) de l’Affabuloscope de tous les supports promotionnels de l’OT.
Ainsi, au-delà du grave préjudice moral s’ajoute le préjudice économique certain pour Claudius de Cap Blanc.
C’est la raison pour laquelle, je souhaite que soit abordées, lors de la prochaine réunion de l’OT, les questions et les conséquences que soulèvent vos graves accusations.
J’ai consulté les liens joints au mail. Certains ne sont pas, de mon point de vue, du meilleur goût, mais ne sauraient refléter toutes les démarches artistiques que mène Claudius depuis tant d’années et avec talent au Mas d’Azil. En outre je n’ai pas vu de relation entre ces liens et ce que vous appelez une « perversion sexuelle ».
A toutes fins utiles, n’hésitez à découvrir « l’Origine du Monde » du peintre Gustave Courbet, dont l’œuvre au XIXème siècle fit plus pour l’art que pour la perversion sexuelle. Enfin je ne saurais conclure sans rappeler Voltaire et l’affaire Callas : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire»
Cordialement
Marie Joli
 (*)(ni, à vous lire, avec l’interréssé, ni avec nous membres du CA)”

 
 Revenons au courrier de Sabrina Canonigo.
Je choisis de laisser de côté pour l’instant les propos diffamatoires à mon encontre (ça fera l’objet d’un traitement à part) tout en m’interrogeant sur le rôle dévolu à un office de tourisme: est-il de faire connaître et valoriser les “produits” culturels et touristiques du territoire, où de les boycotter, de les salir et d’insulter les acteurs?

Continuons.
Sabrina Canonigo écrit “j’ai alerté le Président de l’office de tourisme qui a pris la décision de l’exclure de l’office”. Cela confirme (si besoin était) que le CA n’a pas eu son mot à dire. Mais le plus effarant vient ensuite: “j’ai alerté Hervé Barthe qui en accord avec les élus locaux le supprime de l’édition locale Arize animations 2011.” Cela veut dire que l’abus de pouvoir se poursuit au niveau de la Communauté de Commune, et avec eux, les “élus locaux”, c’est-à-dire Raymond Berdou, le maire, et son équipe.
Poursuivons avec l’effarant: comme par un effet domino, l’ADT se range aux décisions de Sabrina et de Jean-Marc Pouech. Ce qui signifie que toutes les instances du département chargées de la promotion culturelle et touristique, comme un seul homme, dans une unanimité inquiétante, sans discussion, sans concertation, sans procès (j’aurais pourtant souhaité me présenter à la barre pour me défendre de mes “crimes”), se prononcent pour l’exclusion unilatérale de l’Affabuloscope.
C’est ici qu’on peut commencer à parler de lynchage.
Et même de planification:  je reçois un coup de fil d’un monsieur d’un certain âge, parlant un français impeccable, qui dit être maire de la commune de... (Je ne citerai pour l’instant ni son nom ni sa commune pour les raisons faciles à comprendre) et qui commence à me parler d’une “pierre” vulvaire que j’ai déposé dans sa commune. Non pas pour me le reprocher: “je ne serai pas suiviste dans votre activité, mais elle ne m’écorche nullement”, précise-t-il. Il poursuit: “mais ce n’est pas pour ça que je vous appelle, c’est pour vous dire qu’en tant qu’élus je suis amené à siéger dans certaines instances du département, où est en train de s’organiser une chasse aux sorcières contre vous”. Il continue en parlant “d’opprobre collective”. Et de conclure par ces mots: “Si je me garde de ne pas y prendre part, ce n’est pas par sympathie pour vous car je ne vous connais pas, c’est parce que j’ai une sainte horreur de la chasse aux sorcières.” Et de me saluer très poliment. 
  Les choses commencent à s’éclaircir et à expliquer l’étonnante unanimité qui se ligue contre l’Affabuloscope et son gérant: il y aurait une chasse aux sorcières, une planification au niveau du département, et dont le “caractère pornographique” des travaux de Claudius et “les plaintes des touristes” ne seraient que le prétexte déclencheur (j’y reviendrai en temps utile).
 Une petite anecdote, qui s’est passée vers le début d’avril vient amplifier la réflexion. Il s’agit encore d’un coup de fil émanant d’une dame qui travaille dans un Office du Tourisme du Pays d’Olmes. Elle me raconte quelque chose de très touchant: depuis six mois environ il y a une pierre vulvaire à côté de l’OT. Pierre qu’elle voit tout les jours en allant au travail. “Et ça me plaît bien de voir cette pierre, je suis heureuse qu’elle soit là, elle me parle”. Mais “avec ce qui est en train de se passer pour vous, le maire a demandé que cette pierre soit enlevée”. De même “un signe que vous aviez gravé (elle cite l’endroit précis, c’est sur un rocher en dehors du village) vient d’être effacé par ceux de la mairie”. La dame m’explique alors qu’elle ne sait pas quoi faire avec cette pierre et me demande si je veux venir la récupérer. Je lui réponds que non, toutes les pierres déposées étant livrées à leur destin de pierre - et de symbole véhiculeur. Alors voici la solution qu’elle me propose: “Je pourrais la prendre chez moi le temps que l’orage passe et je la remettrai après”.
  Un peu de beauté, à côté des miasmes, ça peut pas faire de mal, comme dirait Galienne.

 Le fait est que tout cela semble démontrer la réalité de cette chasse aux sorcières. Même les élus du fin fond du département ont reçu le mot d’ordre, faire disparaître ce signe (vulvaire), faire disparaître ces pierres (vulvaires), bannir l’Affabuloscope et son gérant (une amie m’écrit et s’inquiéte: “qu’est-ce qu’il se passe? L'OT, l'ADT et maintenant les OT [d’Ariège] te boycottent..... les gens sont-ils devenus fous?”
Patrice constate: “Claudius, tu déranges et tes vulves dérangent, c’est normal ce qui t’arrive”. Voilà qui résume assez justement l’état de chose.

 Avant de vous donner rendez-vous pour le troisième épisode, je veux toucher deux mots à propos de ce qui est dit par Sabrina Canonigo dans un article de la dépêche du 15 avril à propos du travail de Claudius: «On est loin des objets humoristiques plein de poésie du départ. Si un enfant de 10 ans voit ça, il tombe un peu des nues. Nous avons un public familial. Ce n'est pas l'image qu'on veut donner” (Ceci à propos du “caractère pornographique de certaines vidéos”).
Je me demande, en ce moment, qui de la direction de l’OT du Mas d’Azil ou de L’Affabuloscope est en train de donner une mauvaise image du Mas d’Azil. Si on s’en tient à ce qui se dit un peu partout et même ailleurs... On s’demande!... 
  

                                                                                                                   27 avril 2011
 
Pétition de soutien en ligne:
http://www.petitionduweb.com/Le_lynchage_de_l_Affabuloscope-9248.html

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